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Récits

Sunulife · mar. 7 juil. 2026 · 2min de lecture

Le silence des nuits de Dakar

Le silence des nuits de Dakar

La nuit, à Dakar, est une affaire de bruits. Les motos qui pétaradent, les rires qui fusent des terrasses, les appels des vendeurs de café Touba qui flottent comme des incantations. Mais pour certains, la nuit est un manteau. Une protection. Une promesse de silence. Ils s'appellent Mamadou et Cheikh. Deux prénoms banals dans une ville de cinq millions d'âmes. Ils se sont rencontrés un soir de pluie, sous l'auvent d'une boutique fermée, à la Médina. La pluie tombait drue, et le monde s'était rétréci à quelques mètres carrés de tôle ondulée. Cheikh fumait une cigarette, le col relevé. Mamadou s'est abrité à côté de lui. Ils ont échangé un regard, puis un sourire timide. Ce soir-là, ils ont parlé jusqu'à ce que les premières lueurs du jour percent les nuages. Depuis, ils se retrouvent. Pas dans les boîtes de nuit branchées de la Corniche, pas dans les restaurants où l'on voit et où l'on est vu. Non. Ils se retrouvent dans des chambres louées à l'heure, derrière des rideaux épais, dans des arrière-cours où personne ne pose de questions. Leur amour est un secret partagé, un trésor enfoui sous le sable chaud de la plage de Yoff. Mamadou est coiffeur. Il tient un petit salon dans le quartier de Grand-Yoff. Ses doigts sont habiles, précis. Il coupe les cheveux des hommes en parlant de football, de politique, de la vie qui va. Personne ne se doute que ces mêmes doigts, le soir, caressent le visage d'un autre homme. Cheikh, lui, travaille dans un entrepôt du port. Il soulève des carton

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