Récits
Sunulife · sam. 4 juil. 2026 · 2 min de lecture
Le silence des vagues : une histoire d'amour à Lagos
Le soleil couchant embrase la lagune de Lagos, transformant l'eau en une nappe de cuivre liquide. Adaeze est assise sur le mur de pierre qui longe la marina, ses pieds nus suspendus au-dessus de l'eau saumâtre. Ses yeux scrutent l'horizon, là où le ciel et la mer se confondent dans un baiser de couleurs. Elle cherche quelque chose qu'elle ne peut nommer, ou plutôt quelqu'un dont le nom brûle sur ses lèvres comme une braise. Il s'appelait Obinna. Il était pêcheur, comme son père et le père de son père avant lui. Mais Obinna avait un rêve qui dépassait les filets et les pirogues : il voulait construire un bateau capable de traverser l'Atlantique, de relier Lagos à Salvador de Bahia, comme un pont sur la mémoire des ancêtres. Il disait que le grand-père de son grand-père était venu de là-bas, dans les cales d'un navire négrier, et que le temps était venu de refaire le voyage, mais dans l'autre sens, les mains vides et le cœur plein. Adaeze l'avait rencontré un soir de pluie, alors qu'elle cherchait refuge sous un auvent de tôle. Il était là, debout, une cigarette éteinte entre les doigts, le regard perdu dans le rideau d'eau qui tombait. Il lui avait offert la moitié de son abri, et elle avait accepté. Ils avaient parlé jusqu'à ce que la pluie cesse, puis encore après, jusqu'à ce que les étoiles apparaissent entre les nuages déchirés. Pendant trois ans, ils s'étaient aimés avec la ferveur de ceux qui savent que le temps leur est compté. Il lui avait appris à lire dans les nuages
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