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Récits

La forme de la pièce : l'homme qui voulait se couler dans le moule

Ibrahima, analyste brillant et authentique, doit sacrifier son identité culturelle et son intégrité pour obtenir une promotion. Il atteint son objectif professionnel mais au prix dévastateur de son âme et de ses relations.

Sunulifesam. 14 mars 20261min de lecture
La forme de la pièce : l'homme qui voulait se couler dans le moule
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L’ascenseur libéra Ibrahima Ndiaye au trente-quatrième étage avec un soupir discret, comme s’il rechignait à le laisser partir. Ses mocassins bordeaux profonds frappèrent le béton poli en rythme mesuré, chaque pas affirmant sa présence sans s’excuser. L’étage de la Gestion des Risques portait l’odeur de l’air recyclé, de cartouches d’encre agonisantes et de la douce artificialité fade d’« Ocean Calm », le parfum signature du bâtiment, omniprésent et pourtant inexistant.

Ce jour-là, il portait de l’indigo profond. Pas le marine prudent, pas le gris anthracite effaçable, pas le gris neutre qui permettait aux hommes de se fondre dans les tapisseries des salles de réunion. La veste était taillée nette aux épaules, et un carré de soie tangerine vif dépassait de la poche comme une provocation silencieuse. Dans son oreille gauche, bas et régulier, Youssou N’Dour chantait encore doucement, le rythme de « 7 Seconds » vibrant toujours dans son sang même après qu’il eut retiré l’écouteur quelques instants avant d’apparaître.

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Discussion

Dans quelle mesure le sacrifice de son identité culturelle pour réussir dans un milieu professionnel conservateur est-il une tragédie individuelle ou un reflet des pressions systémiques imposées aux cadres africains dans les multinationales ?

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