Récits
Daouda Faye · mar. 10 mars 2026 · 1 min de lecture
L’amour qui reste à la porte : lettre à une amie devenue inaccessible

Il y a des amours qui naissent doucement, comme une lumière qui filtre à travers les rideaux un matin d'hiver, sans bruit, sans hâte. Et puis il y en a qui grandissent pendant des années, nourris par les silences partagés, les rires complices, les confidences murmurées à l'aube après une nuit trop courte. Le mien appartenait à cette seconde catégorie.
Je l'ai connue il y a sept ans, dans une petite librairie de quartier où elle travaillait le samedi. Elle rangeait des romans avec une tendresse presque maternelle pour les pages jaunies, et moi, étudiant fauché, je passais des heures à feuilleter des livres que je n'achetais jamais, juste pour entendre sa voix commenter doucement un passage qu'elle aimait. On a commencé par parler littérature, puis musique, puis rêves idiots qu'on n'osait avouer à personne d'autre. Peu à peu, elle est devenue la personne que j'appelais quand le monde pesait trop lourd, celle dont le simple « Allô ? » suffisait à faire reculer l'angoisse.
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