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Récits

Sunulife · ven. 10 juil. 2026 · 2min de lecture

Exilés et généreux : quand les travailleurs africains en Afrique du Sud font vivre tout un continent

Exilés et généreux : quand les travailleurs africains en Afrique du Sud font vivre tout un continent

Quand vous croisez un Malawite dans une rue de Johannesburg ou un Zimbabwéen derrière un comptoir à Cape Town, vous ne voyez peut-être qu’un immigré. Mais ses proches, à des milliers de kilomètres de là, voient en lui le toit qui les abrite, la scolarité des enfants, le médicament du soir. Les chiffres sont implacables : en 2023, les travailleurs originaires des pays voisins de l’Afrique du Sud ont transféré chez eux plus de 36 milliards de rands. Le Zimbabwe arrive en tête avec 13 milliards, suivi du Mozambique et du Malawi. Ce ne sont pas des statistiques. Ce sont des vies suspendues à un fil. Ces transferts, appelés remittances dans le jargon des économistes, représentent bien plus qu’un flux financier. Ils sont le sang qui irrigue des villages entiers, des familles qui sans cela sombreraient. Pourtant, ces mêmes travailleurs qui maintiennent à flot des économies régionales sont aujourd’hui la cible d’une violence xénophobe grandissante. Les marches anti-immigrés se multiplient, les déportations s’accélèrent. Et à chaque expulsion, c’est un peu de la subsistance d’une communauté qui s’évanouit. Mais que vous soyez à Paris, à Montréal ou à New York, vous savez ce que cela signifie d’être à la fois présent et absent. Présent par l’argent envoyé, absent par le corps retenu loin des siens. Les immigrés africains en Afrique du Sud vivent cette double peine : indispensables et pourtant rejetés. Sans papiers, souvent, mais jamais sans responsabilités. Leur travail – dans les mine