Aller au contenu principal
Parcours

Sunulife · mer. 20 mai 2026 · 2min de lecture

Les sentiers oubliés du Sénégal : sur la piste des baobabs et des légendes

Les sentiers oubliés du Sénégal : sur la piste des baobabs et des légendes

Il faut quitter la route goudronnée pour comprendre le Sénégal. Laisser derrière soi les klaxons de Dakar, les plages de la Petite-Côte, et s’enfoncer dans l’intérieur des terres, là où la latérite rougeoie sous le soleil couchant. C’est là que commencent les sentiers oubliés. Le voyage commence à l’aube, quand la lumière dorée embrase la savane. Le guide, un vieux Baol-Baol aux mains calleuses, marche devant sans se retourner. Il connaît chaque arbre, chaque termitière, chaque point d’eau. « Ici, dit-il en montrant un baobab au tronc démesuré, les ancêtres ont enterré un griot. Son esprit habite l’écorce. » On touche l’écorce du bout des doigts, et on sent une chaleur ancienne. Le sentier serpente entre les champs d’arachide et les villages aux cases en banco. Les enfants courent vers nous, les mains tendues. Une femme pile le mil sous un manguier, le rythme du pilon scande le temps. L’air sent la poussière, le beurre de karité, le bois brûlé. Ici, le voyage n’est pas une performance, c’est une immersion dans le rythme lent des saisons. À midi, le soleil est vertical. On s’arrête sous un fromager, et le guide raconte la légende du royaume du Sine. Il parle de guerriers, de princesses, de serpents sacrés. Sa voix est grave, presque chantante. On ferme les yeux, et on voit les cavaliers mandingues traverser la plaine. Le vent soulève la poussière rouge, et l’histoire devient presque palpable. L’après-midi, on reprend la marche. Les baobabs deviennent plus nombreux, leurs branc