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Parcours

Sunulife · mer. 20 mai 2026 · 2min de lecture

Le chant des dunes

Le chant des dunes

Le jour se lève sur Chinguetti, et la lumière est une incantation. Elle glisse sur les murs de pierre sèche, les embrase d’un ocre profond, puis s’attarde sur le sable, le transformant en un océan d’or liquide. Ici, le temps n’est pas celui des montres. Il est celui du vent, qui sculpte les dunes depuis des siècles, et des étoiles, qui guidaient les caravanes chargées de sel et de manuscrits. Je suis venu chercher le silence, et j’ai trouvé une symphonie. Le départ a lieu avant l’aube, quand l’air est encore vif et que les ombres sont longues. Mon guide, un homme aux yeux couleur de miel nommé Sidi, charge les provisions sur deux chameaux. Il rit de mon pas maladroit dans le sable. « Ici, on marche comme l’eau », dit-il, « lentement, en épousant la pente. » Sa voix est un baume. Nous quittons la vieille ville, ses ruelles étroites et ses portes en bois sculpté, pour un monde où l’horizon n’est plus une ligne mais une promesse. Les premières heures sont une épreuve. Le sable s’infiltre partout, dans les chaussures, les cheveux, les pensées. Mais peu à peu, le corps s’habitue. Le rythme devient celui de la marche, une cadence ancestrale. Le silence, d’abord assourdissant, se peuple de bruits infimes : le frottement du tissu, le souffle des bêtes, le crissement du sable sous les pas. Et puis il y a le vent. Il chante. Parfois il est une plainte, parfois un murmure, parfois un rire. Les Touareg disent que le vent porte les voix des ancêtres. Je veux bien le croire. À midi, nous f