Parcours
Sunulife · mer. 24 juin 2026 · 2 min de lecture
L’île aux baobabs : sur les sentiers oubliés de la Casamance
Le jour se lève à peine sur la Casamance, et déjà la lumière est une caresse. Elle filtre à travers les palmes, danse sur le fleuve, et vient réveiller l’île aux baobabs. Je suis assis à l’avant d’une pirogue, les doigts effleurant l’eau tiède, tandis que le moteur toussote puis se tait. Le piroguier, un homme aux tempes grises nommé Souleymane, pagaye en silence. Il connaît chaque méandre, chaque racine qui affleure. « Ici, dit-il en désignant une rive, les baobabs gardent nos secrets. » L’île n’a pas de nom officiel. Les cartes l’ignorent, les guides touristiques aussi. Les habitants l’appellent simplement « l’île aux baobabs », car elle en compte des centaines, certains vieux de plusieurs siècles. Leurs troncs ventrus semblent contenir des mondes. Je pose la main sur l’écorce lisse d’un géant ; elle est tiède, presque vivante. On raconte qu’ici, pendant les années sombres du conflit casamançais, les villageois venaient se cacher. Les baobabs les abritaient, les nourrissaient de leurs fruits, et buvaient leurs larmes. Aujourd’hui, le conflit s’est tu, mais les cicatrices restent. Pourtant, l’île n’est pas un lieu de tristesse. Elle est un sanctuaire de résilience. En marchant sur un sentier à peine tracé, je croise une femme qui porte un panier de mangues sur la tête. Elle sourit, s’arrête, m’offre un fruit. La chair est sucrée, juteuse, et le jus coule sur mon menton. Elle rit. « Les mangues sont bonnes cette année, dit-elle en diola. La pluie est venue à temps. » Je pours





