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Sunulife · jeu. 11 juin 2026 · 2 min de lecture
Le dernier souffle du désert : une traversée du Ténéré

Le soleil n'est pas encore levé, mais l'horizon se teinte déjà d'un mauve pâle, comme une blessure qui s'ouvre lentement sur le ciel. Je suis assis sur une dune, le sable encore froid de la nuit, et j'écoute le silence. Le Ténéré n'est pas un désert comme les autres. C'est un océan de sable et de pierre, un vide presque absolu où le vent est le seul maître. On l'appelle le « désert des déserts », et ce n'est pas une hyperbole. Il y a vingt ans, j'avais traversé cette région en convoi, avec des guides touaregs qui connaissaient chaque étoile, chaque pli du terrain. Aujourd'hui, je reviens seul, ou presque. Une petite équipe de conservation m'accompagne, des hommes et des femmes qui tentent de préserver ce qui reste de la faune et de la flore du Sahel. Car le Ténéré change. Le climat se réchauffe, les puits s'assèchent, et les dernières gazelles dama, ces fantômes de la savane, se font plus rares. La lumière monte, dorée, presque liquide. Elle caresse les crêtes des dunes, révélant des nuances d'ocre, de cuivre, de rouille. Le vent se lève, doux d'abord, puis plus insistant. Il soulève le sable en fines volutes qui dansent autour de moi. Je ferme les yeux et je sens chaque grain sur ma peau. C'est une sensation intime, presque érotique, cette caresse du désert. Nous marchons pendant des heures. Le paysage est d'une beauté austère : des plateaux rocheux, des ergs de dunes, des lits de rivières asséchées. Parfois, un acacia solitaire se dresse, tordu par le vent, comme un vieilla




