Parcours
Sunulife · mar. 2 juin 2026 · 2 min de lecture
Le chant des dunes : voyage au cœur du désert mauritanien

Le soleil, déjà haut, embrase l’horizon d’un orange brûlé. Le 4x4 s’arrête au sommet d’une dune, et le moteur coupé, le silence s’abat comme une chape de velours. C’est un silence vivant, peuplé du frottement du sable, du souffle ténu du vent, du battement de mon propre cœur. Je suis en Mauritanie, dans l’Adrar, une région de plateaux rocheux et de dunes infinies qui semble défier le temps lui-même. Le voyage a commencé à Nouakchott, une ville de sable et de contrastes. L’air y est chargé de poussière et de sel, les rues grouillent de vie : marchands de thé, voitures bringuebalantes, femmes en voiles colorés. Mais très vite, la route s’enfonce dans le désert, et la ville n’est plus qu’un souvenir. La piste devient une ligne tremblante sous la chaleur, et les premiers contreforts de l’Adrar apparaissent, massifs de grès aux teintes ocre et pourpre. À Chinguetti, la septième ville sainte de l’Islam, le temps semble s’être arrêté au Moyen Âge. Les ruelles étroites, bordées de maisons en pierre sèche, sentent la poussière et l’encens. Dans la bibliothèque ancienne, un vieux sage aux doigts jaunis par le thé me montre des manuscrits du XIIIe siècle, des traités d’astronomie, de poésie, de droit. « Ici, dit-il, le sable a tout recouvert sauf la connaissance. » Je sors, et le vent du désert m’emporte la phrase. Le campement nomade est planté au creux de deux dunes. Les tentes en poil de chameau, les khaimas, sont basses et sombres à l’intérieur, mais dehors, le ciel est un dôme d’un




