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Parcours

Sunulife · mer. 20 mai 2026 · 2min de lecture

Le dernier chemin de sel : une traversée du désert mauritanien avec les caravaniers

Le dernier chemin de sel : une traversée du désert mauritanien avec les caravaniers

Le jour se lève à peine sur la banlieue de Nouakchott quand Amadou charge les derniers sacs de sel. Le ciel est d'un mauve si pâle qu'on croirait une aquarelle oubliée sur la toile du monde. Autour de nous, les chameaux soufflent des nuages de vapeur dans l'air froid. C'est l'heure où la ville dort encore, mais où le désert, lui, commence à respirer. Nous partons pour Chinguetti, à six jours de marche vers le nord-est, sur une piste que les caravaniers empruntent depuis des siècles. Le sel est l'or blanc du Sahara. Dans les mines d'Idjil, près de Fderîck, on l'extrait en dalles épaisses, puis on le brise en blocs que l'on charge sur les bêtes. Amadou est un chef de caravane, un « azalai » comme on dit ici. Il a la peau tannée par le soleil et les yeux plissés par l'habitude de scruter l'horizon. Il ne parle pas beaucoup, mais ses gestes sont précis : un coup de bâton pour redresser une selle, une caresse sur l'encolure d'un chamelon, un silence qui en dit plus que mille mots. La première heure de marche est un rituel. Les bêtes s'alignent, les hommes prennent leur place, et le sable cède sous les pas. Le bruit est celui d'une respiration collective : le grincement des sacoches, le souffle des animaux, le murmure d'une prière que l'un des plus jeunes récite à voix basse. Le soleil monte vite, et avec lui la chaleur. À neuf heures, l'air tremble au-dessus du sol. On ne voit plus que du sable, des cailloux, et parfois l'ombre d'un nuage qui glisse comme un poisson dans