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Parcours

Sunulife · mar. 31 mars 2026 · 2min de lecture

Les chemins qui nous portent : une traversée du Sénégal et au-delà

Les chemins qui nous portent : une traversée du Sénégal et au-delà

Je me souviens du silence de Gorée. Pas un silence vide, mais un silence lourd, chargé d'une mémoire qui plane sur les ruelles ocres et les bougainvilliers éclatants. Debout dans la Maison des Esclaves, la main posée sur le linteau de la porte du « voyage sans retour », je ne sentais pas seulement la pierre chaude du soleil de l'après-midi. Je sentais le poids des siècles, l'écho d'innombrables souffles retenus. Ce n'était pas une leçon d'histoire, c'était une confrontation physique avec une vérité qui façonne encore le monde. De cette île, je suis reparti vers Dakar, non pas allégé, mais différent, les yeux ouverts sur une résilience qui se lit dans le tumulte créatif de la capitale, dans le claquement des pagnes au marché Sandaga et dans le regard déterminé des artistes de la Village des Arts. De Dakar, la route file vers le nord, le long de la « Petite Côte ». À Saly, l'océan est une caresse, un repos bienvenu après l'intensité de Gorée. Le sable est pâle, l'eau turquoise, et le rythme, dicté par les pêcheurs qui lancent leurs filets au petit matin, est une mélodie apaisante. Mais le Sénégal ne se résume pas à ses côtes. En prenant la direction de Saint-Louis, l'ancienne capitale, le paysage change. L'air se charge de l'odeur salée de l'estuaire du fleuve Sénégal. Ici, les façades coloniales décrépites, aux couleurs pastel fanées par le soleil et le sel, racontent une autre histoire, celle d'un carrefour, d'un métissage. Le soir, sur le pont Faidherbe, avec le grondement d