Parcours
Sunulife · ven. 22 mai 2026 · 2 min de lecture
Les sentiers oubliés du Sénégal : une odyssée intérieure

Il y a un chemin que peu de voyageurs empruntent. Il commence là où la route bitumée s'efface, là où le silence devient une présence tangible. Je suis parti de Dakar un matin de novembre, quand l'harmattan commence à souffler, apportant avec lui la poussière rouge du Sahel. La ville s'est estompée dans le rétroviseur, ses klaxons et ses embouteillages remplacés peu à peu par le chant des oiseaux et le bruissement des palmiers. La première halte fut un village perdu dans les terres, à quelques heures de la capitale. Ici, le temps n'a pas la même texture. Les journées s'écoulent au rythme des marées et des saisons. Les femmes pilent le mil en chantant, leurs gestes précis et ancestraux. Les enfants courent pieds nus sur la latérite, leurs rires résonnant comme des cloches. J'ai marché longtemps dans les champs d'arachide, sentant la terre meurtrie par le soleil. Le vent portait l'odeur de la paille et du bétail. Un vieux berger, assis sous un fromager, m'a offert de l'eau dans une calebasse. Il ne m'a pas demandé d'où je venais. Il m'a simplement dit : « Tu marches bien. » Plus loin, j'ai découvert une forêt de baobabs, ces géants aux troncs ventrus qui semblent garder les secrets de la terre. Leurs branches nues se découpaient sur le ciel comme des veines. Je me suis assis à l'ombre de l'un d'eux, et j'ai écouté le silence. C'était un silence habité, peuplé de murmures anciens. Les oiseaux tisserands construisaient leurs nids suspendus, et les singes se poursuivaient dans les





