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Récits

Sunulife · jeu. 26 mars 2026 · 2min de lecture

Les murmures de grand-mère : quand la pellicule révèle nos silences

Les murmures de grand-mère : quand la pellicule révèle nos silences

Dans le petit studio de montage de Koudougou, Aminata Sawadogo fait défiler les images pour la centième fois. Sur l'écran, le visage buriné de sa grand-mère Rasmané apparaît en gros plan, les lèvres entrouvertes sur des mots que personne n'entendra jamais. Car Rasmané est morte trois mois avant qu'Aminata ne termine son documentaire sur les griotes oubliées du Burkina Faso. Les dernières paroles de la vieille femme, captées par la caméra un après-midi de décembre, restent un mystère – le micro avait rendu l'âme au moment crucial. Cette omission technique s'est muée en révélation artistique. Aminata, 34 ans, réalisatrice formée entre Ouagadougou et Paris, a compris que le silence de sa grand-mère parlait plus fort que tous les témoignages recueillis. 'Elle regardait l'objectif avec cette intensité particulière, comme si elle savait que c'était la dernière fois', raconte-t-elle en caressant machinalement les bobines éparpillées sur sa table de travail. 'J'ai d'abord voulu refaire la prise. Puis j'ai réalisé que certaines vérités ne peuvent être dites. Elles ne peuvent qu'être suggérées.' L'histoire d'Aminata illustre parfaitement les défis auxquels font face les cinéastes africains aujourd'hui. Entre les contraintes matérielles et la quête d'authenticité, entre la tradition orale menacée et les nouveaux langages visuels, ils naviguent dans un univers où chaque plan compte, où chaque centime investi doit porter du sens. Son film, 'Paroles Perdues', a été sélectionné dans trois f

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