Perspectives
Arona Oumar Kane · sam. 28 déc. 2024 · 2 min de lecture
Ousmane Sonko et la loi du silence : l’invocation de l’article 86.6 et le grand jeu politique au Sénégal

Un événement majeur et potentiellement historique se déroule actuellement dans le paysage politique sénégalais, mais il passe presque inaperçu, dissimulé derrière les gros titres de la presse du samedi 28 décembre 2024. Le Premier ministre Ousmane Sonko a choisi d’engager la responsabilité de son gouvernement sur le vote de la loi de finances 2025. Cette décision, rendue possible par l’article 86 alinéa 6 de la Constitution, équivaut au fameux 49.3 français et constitue un acte politique audacieux, voire risqué. Le calendrier parlementaire est clair : à 10 heures, examen du projet de loi de finances pour 2025 ; à 12 heures, élection des membres de la Haute Cour de Justice. Curieusement, l’attention semble davantage portée sur la seconde étape — une élection attendue mais banale —, ce qui relègue l’invocation de l’article 86.6 au second plan. Cette stratégie de communication, efficace, détourne l’intérêt des médias et du public de cet acte sans précédent dans l’histoire politique du Sénégal. Pour rappel, l’article 86.6 permet au Premier ministre de faire adopter une loi sans vote ni débat. Une motion de censure peut toutefois être déposée dans les 24 heures suivant l’invocation de cet article, et si elle est adoptée, le gouvernement tombe. Ce mécanisme, rarement utilisé, renforce l’aspect spectaculaire de cette décision. Malgré quelques signaux précurseurs, notamment une mise en garde de la députée Aissata Sall et des rumeurs insistantes, l’événement a pris de court une grande





