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Perspectives

Sunulife · mer. 3 juin 2026 · 2min de lecture

Le soft power africain en quête de monétisation : quand la culture devient une industrie souveraine

Le soft power africain en quête de monétisation : quand la culture devient une industrie souveraine

Notre musique pulse dans les clubs de Tokyo à São Paulo, nos textiles habillent les podiums parisiens, nos récits inspirent Hollywood. L'influence culturelle africaine n'a jamais été aussi puissante, aussi désirée. Mais cette richesse immatérielle, qui fait vibrer le monde, génère-t-elle vraiment de la prospérité pour les nôtres ? La réponse, trop souvent, est un silence gêné. Car derrière le rayonnement, se cache une hémorragie : les profits filent ailleurs, les intermédiaires étrangers empochent, et nos créateurs peinent à vivre de leur art. C'est cette fracture que le Africa Soft Power Summit, réuni à Nairobi, a voulu recoudre. Pendant plusieurs jours, décideurs politiques, capitaines d'industrie et entrepreneurs culturels ont ausculté la mécanique complexe qui transforme notre capital créatif en pouvoir économique. L'enjeu n'est pas seulement de vendre plus, mais de bâtir des industries culturelles souveraines, capables de capter la valeur là où elle se crée : chez nous. Le constat est sans appel : l'Afrique est un géant culturel aux pieds d'argile économique. Nos musiques, nos films, nos modes sont consommés massivement, mais les chaînes de valeur restent largement contrôlées par des acteurs extérieurs. Les plateformes de streaming, les maisons de distribution, les labels internationaux captent l'essentiel des revenus. Pendant ce temps, les artistes sénégalais, nigérians ou kényans luttent pour toucher des redevances équitables. C'est un paradoxe qui mine tout un contine