Perspectives
Sunulife · mar. 21 avr. 2026 · 2 min de lecture
L'élevage porcin en Ouganda : quand les femmes transforment les préjugés en pouvoir économique

L'odeur de la terre humide se mêle aux effluves caractéristiques des porcheries modernisées. Ici, dans le centre de l'Ouganda, un secteur économique en pleine expansion – la production porcine – se heurte à des barrières invisibles mais tenaces. Des normes sociales profondément enracinées, souvent justifiées par des croyances culturelles et religieuses, dictent encore qui peut manipuler ces animaux, les abattre, les commercialiser. Longtemps associé aux buveurs de bière de brasserie artisanale, le porc connaît pourtant une renaissance culinaire à travers les « pork joints » qui fleurissent dans les villes. Cette popularité croissante crée des opportunités économiques substantielles, mais les femmes en restent largement exclues, prisonnières de préjugés qui les cantonnent à la sphère domestique et les privent de l'autonomie financière que pourrait leur offrir ce secteur en plein essor. Une étude menée en 2022-2023 dans les districts de Masaka et Mukono a cartographié ces obstacles avec une précision clinique. Les chercheurs ont documenté comment les femmes se voyaient interdire l'insémination artificielle, la castration, le transport des animaux à moto, et même l'accompagnement des truies vers les verrats. Des activités jugées « inappropriées » pour leur genre, comme l'abattage, le commerce du bétail ou la possession de grandes exploitations, perpétuent leur marginalisation économique. Ces restrictions ne sont pas de simples inconvénients ; elles se traduisent par des salaires





