Perspectives
Sunulife · dim. 19 avr. 2026 · 2 min de lecture
L'arbitre et le bénéficiaire : pourquoi le FMI ne peut juger les créanciers africains

L'accord de décembre 2025 entre le Ghana et la Banque africaine d'import-export semblait marquer une avancée : 750 millions de dollars pour soutenir l'économie ghanéenne, négociés entre partenaires africains. Pourtant, c'est une déclaration du Fonds monétaire international, émanant de Washington, qui a déclenché la crise. En affirmant que l'Afreximbank n'avait pas été traitée comme créancière privilégiée, le FMI a jeté un doute dévastateur sur la crédibilité de l'institution panafricaine, provoquant la dégradation puis le retrait de sa notation par Fitch Ratings. Cette intervention n'était pas neutre. Elle révélait plutôt la position intenable du FMI : à la fois arbitre et bénéficiaire direct de la hiérarchie des créanciers qu'il prétend superviser. Le statut de créancier privilégié n'est pas une simple formalité comptable. C'est l'épine dorsale du système financier multilatéral, garantissant aux institutions qui en bénéficient des canaux de financement à bas coût et une absence de prêts non performants dans leurs bilans. Pour l'Afreximbank, ce statut découle de ses actionnaires membres et d'une convention établie, non d'un caprice bureaucratique. Lorsque le FMI a interprété l'accord Ghana-Afreximbank comme étant « conforme au principe de comparabilité de traitement » du cadre commun du G20, il a essentiellement placé une institution africaine sur le même plan que les créanciers commerciaux, ignorant sa nature multilatérale et son mandat de développement. Cette affaire illust





