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Perspectives

Oumou Wane est présidente Citizen Media Group · mar. 7 janv. 2025 · 3min de lecture

Macron, le merci et l’au-revoir à jamais ! Afrique-France, l’heure du réveil et de l’affirmation

Macron, le merci et l’au-revoir à jamais ! Afrique-France, l’heure du réveil et de l’affirmation
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En parlant d’ingratitude, Hollande pourrait en raconter long sur son protégé, celui qu’il a fait naître, nourri et engraissé avant de succomber à son coup de poignard. À ce rythme, Macron aurait pu nous traiter de « pays de merde ». Dans les divorces, il y a souvent du ressentiment de la part de celui qui a été abandonné. Celui qui se répand en rancune et devient amer est généralement celui qui a été éconduit. Macron n’est pas la France, encore moins les Français qu’il incarne institutionnellement. À ce que je sache, ce sont eux qui ont été les premiers à le congédier ! Je ne sais pas si c’est propre à la langue française, mais les politiques français, emportés par des envolées lyriques, se laissent souvent aller à débiter des âneries. Le Pen avec son « Durafour crématoire », Chirac avec « le bruit et l’odeur » dans les immeubles habités par des immigrés… Sarkozy, qui chez nous estimait que l’homme noir n’était pas entré dans l’Histoire. Et hier, Macron, manifestement pas encore entré dans l’Histoire lui-même, a accusé les Africains d’être ingrats, sous prétexte qu’ils auraient omis de dire merci à la France. Mais merci pour quoi exactement ? Pour l’esclavage ? Pour la colonisation ? Pour le pillage séculaire des ressources africaines ? Pour la Françafrique et ses tentacules venimeuses ? Pour le chaos au Sahel provoqué par la déstabilisation de la Libye ? Franchement, il y a des jours où il vaudrait mieux être sourds. À ce rythme, il aurait pu nous traiter de « pays de merde » comme Donald Trump, voire pire. Tout cela montre bien que l’Afrique n’a d’autre choix que de prendre ses responsabilités et de devenir maîtresse de son propre destin. Elle est riche et pourtant pauvre. Elle est pauvre et pourtant si riche : riche de ses ressources, de sa démographie, de sa taille, de sa diversité. Mais jusqu’à hier, elle manquait d’hommes à la hauteur de ses enjeux. Trop souvent dirigée par des leaders comparables à Meka dans Le vieux nègre et la médaille de Ferdinand Oyono. Mais cela appartient au passé, cette page est tournée ! Hollande, dans tout ça, doit bien rire dans sa barbe. En matière d’ingratitude, il pourrait nous en dire un rayon sur son protégé, qu’il a façonné, nourri et épaulé, avant de se retrouver poignardé dans le dos. Merci qui ? Le mot « merci » sied aux relations humaines, mais les États, eux, n’ont pas d’amis, seulement des intérêts. Si la France, à bride abattue, s’est précipitée au Mali, au Niger et ailleurs, ce n’était certainement pas pour sauver des ingrats, mais bien pour protéger ses propres intérêts. Au Niger, je rappelle que la France puise de l’uranium, entre autres, pour alimenter ses centrales nucléaires, ses industries, et éclairer et chauffer ses foyers. La réponse du Premier ministre Ousmane Sonko, Safna Sap ! Elle est tombée comme la foudre, à la hauteur de l’affront, ravageant les derniers vestiges de relations feutrées entre personnes intelligentes et courtoises. Macron n’a fait que récolter ce qu’il a semé. « Merci et au revoir » semble dire le Sénégal à Monsieur Macron ! Mais Monsieur Macron n’est ni la France, ni les Français. Il est lui, et c’est tout. Scrogneugneu, lui diraient ses ancêtres d’outre-tombe, ceux qui, aux côtés des tirailleurs, ont combattu pour l’honneur de la France. Safna Sap : relevé, épicé !