Perspectives
Fatou Kassé-Sarr · ven. 19 juin 2026 · 2 min de lecture
Souveraineté de salon et police du look, quand l’inculture se prend pour du patriotisme

Ah, la souveraineté ! Ce mot si noble, est brandi à tout vent par ceux qui, manifestement, en ignorent la substance même. On nous parle avec grandiloquence de souveraineté pour justifier l'injustifiable, pour masquer une étroitesse d'esprit qui ferait pâlir un escargot. Et voilà que, dans un élan de suprême illumination, un étudiant en journalisme, potentiel pilier de l'information (tremblez, rédactions !), nous éclaire sur la véritable menace qui pèserait sur notre chère nation : la coiffure d'une ministre.
Oui, vous avez bien lu. Madame Djirèye Clotilde Coly, ministre de la Jeunesse et des Sports, est désormais une « dissidente culturelle » parce que ses cheveux ne correspondent pas à l'image fantasmée que certains se font du « Sénégalais qu’il représente ». On frôlerait le génie, n'est-ce pas ? Hélas non, un simple délire ! Il semblerait que la souveraineté de notre pays tienne à un cheveu, et plus précisément, à la longueur de celui-ci. Une révélation qui, à coup sûr, fera date dans les annales de la cohésion sociale, et de la mode capillaire.
Quelle ironie de voir un apprenti journaliste, censé être le rempart contre la désinformation et le garant de l'analyse de fond, se transformer en "brigadier de la coiffure".





