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Afrique

Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 2min de lecture

Caméra d’or 2026 : Marie-Clémentine Dusabejambot inscrit le Rwanda dans l’histoire du cinéma mondial

En bref

Avec «Ben’Imana», la cinéaste rwandaise devient la première lauréate de son pays à la Caméra d’or, récompensant un premier film qui ose regarder la réconciliation dans toute sa complexité humaine.

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Le 23 mai 2026 restera une date gravée dans les annales du cinéma africain. Ce soir-là, sous les projecteurs de Cannes, une voix nouvelle, venue des collines du Rwanda, a fait basculer l’histoire. Marie-Clémentine Dusabejambot, première réalisatrice rwandaise en sélection officielle du Festival de Cannes, a reçu la Caméra d’or pour «Ben’Imana», son premier long métrage. Une consécration qui dépasse la simple récompense individuelle : c’est tout un pays, tout un continent, qui voit son récit porté sur la scène la plus exigeante du monde. Le film, qui explore la réconciliation après le génocide des Tutsi, ne cherche ni le pathos ni la morale facile. Il suit des femmes — mères, épouses, survivantes — qui, jour après jour, tissent les fils d’une paix intime et collective. «Je voulais rendre hommage aux femmes de mon pays, a déclaré la cinéaste lors de la cérémonie. À ces mères qui avaient la force de rester debout avec dignité, de pardonner, d’avancer, même imparfaitement, douloureusement…» Ces mots, simples et profonds, résonnent bien au-delà de la Croisette. Pour le public sénégalais et panafricain, cette victoire est un signal fort. Trop souvent, nos histoires sont racontées par d’autres, filtrées par des regards extérieurs. Ici, c’est une femme rwandaise qui tient la caméra, qui choisit le cadre, qui décide de montrer la lumière dans l’ombre. «Ben’Imana» — «Les enfants de Dieu» en kinyarwanda — n’est pas un film sur le génocide, mais sur ce qui vient après : le pardon sans oubli, la reconstruction sans naïveté. Ce prix ouvre une brèche. Il rappelle que le cinéma africain, souvent réduit à quelques figures consacrées, regorge de talents prêts à émerger. Marie-Clémentine Dusabejambot rejoint désormais le cercle des lauréats de la Caméra d’or, aux côtés de noms comme Steve McQueen ou Jim Jarmusch. Mais son geste est unique : elle porte avec elle la mémoire de tout un peuple, et la promesse d’un avenir où nos récits s’écrivent enfin par nous-mêmes.