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Afrique

Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 3min de lecture

Boudaoui pris en étau : l'Algérie refuse de le libérer pour le barrage, Nice face à un casse-tête

En bref

Alors que l'OGC Nice s'apprête à jouer son avenir en Ligue 1 face à Saint-Étienne, son milieu algérien Hicham Boudaoui est réclamé par les Fennecs pour un stage crucial avant les éliminatoires du Mondial 2026. Entre devoir national et survie du club, le joueur est au cœur d'un bras de fer qui en dit long sur les réalités du football africain.

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Le 26 mai, l'OGC Nice jouera peut-être le match le plus important de sa saison : un barrage aller-retour face à l'AS Saint-Étienne pour ne pas sombrer en Ligue 2. Mais sur le terrain, un homme pourrait manquer à l'appel. Hicham Boudaoui, le milieu de terrain algérien qui a porté le maillot niçois tout au long de l'année, est convoqué par la sélection algérienne pour un stage préparatoire aux éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Les dates coïncident avec le barrage. Et la Fédération algérienne, par la voix de son sélectionneur Vladimir Petkovic, ne compte pas lâcher son joueur. Ce n'est pas une simple querelle de calendrier. C'est le symptôme d'un football où les clubs européens et les sélections africaines jouent souvent une partie d'échecs dont les pions sont les joueurs. Boudaoui, 24 ans, est un élément clé du dispositif de Petkovic, qui prépare l'Algérie pour un double affrontement décisif contre la Guinée et l'Ouganda. Pour les Fennecs, chaque match est une marche vers le Mondial. Pour Nice, c'est une question de survie économique et sportive. La décision algérienne est sans appel : Boudaoui doit rejoindre le stage. Les règlements de la FIFA, qui imposent la libération des joueurs pour les fenêtres internationales, donnent raison à l'Algérie. Mais le timing est cruel. Boudaoui a-t-il déjà joué son dernier match sous le maillot niçois ? Vendredi, face à Lyon, il était sur le terrain, peut-être pour la dernière fois. Dans les travées de l'Allianz Riviera, les supporters retiennent leur souffle. Ce bras de fer n'est pas nouveau. Chaque année, des clubs européens voient leurs joueurs africains partir en pleine période cruciale, laissant des trous béants dans les effectifs. Mais ce cas particulier révèle aussi la détermination de l'Algérie à ne plus être une nation qui plie devant les exigences des clubs. Petkovic, qui a déjà dirigé la Suisse et la Serbie, connaît les rouages du football européen. Il sait que pour bâtir une équipe compétitive, il faut parfois imposer sa volonté. Pour Boudaoui, le dilemme est personnel. Joueur formé au Paradou AC, il a gravi les échelons jusqu'à la Ligue 1 avec une discrétion qui force le respect. Mais aujourd'hui, il est pris entre deux feux. Refuser la sélection, ce serait trahir son pays. Rester à Nice, ce serait peut-être sauver le club d'une relégation qui pourrait changer sa carrière. Au-delà de l'anecdote, c'est toute la complexité des relations entre l'Afrique et l'Europe qui se joue. Le football africain n'est plus un réservoir de talents dociles. Les fédérations, portées par des ambitions mondialistes, exigent désormais le respect des calendriers et des priorités. Et les clubs, habitués à dicter leur loi, doivent composer avec cette nouvelle donne. Alors que le coup d'envoi du barrage approche, une question flotte sur Nice : verra-t-on le sourire timide de Boudaoui sur la pelouse ? Ou le jeune Algérien sera-t-il à des milliers de kilomètres, en train de défendre les couleurs de son pays ? Quoi qu'il arrive, ce feuilleton rappelle une vérité que le football africain ne cesse de clamer : nos joueurs ne sont pas des prêts à jeter. Ils sont l'avenir, et ils appartiennent d'abord à leur terre.