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Afrique

Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 2min de lecture

Orange Afrique : « Pas de pré-carré », mais un pari sur la jeunesse

En bref

Depuis Nairobi, la PDG du groupe français Christel Heydemann assure que son entreprise n'a pas de « pré-carré » sur le continent. Derrière le discours, une promesse de former trois millions de jeunes d'ici 2030. Décryptage.

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À Nairobi, en marge d'un sommet consacré au numérique, la parole d'Orange s'est voulue rassurante. Interrogée par France 24, Christel Heydemann, directrice générale du groupe, a balayé l'idée d'un « pré-carré » français en Afrique. « Il n'y a pas de pré-carré pour Orange », a-t-elle martelé, ajoutant que le groupe n'entendait pas se limiter dans son implantation sur le continent. Cette déclaration intervient dans un contexte où les opérateurs historiques sont souvent perçus comme les vestiges d'une époque où les anciennes puissances coloniales gardaient la main sur les infrastructures stratégiques. Orange, héritier de France Télécom, reste un acteur majeur dans plusieurs pays africains, notamment au Sénégal avec Orange Sonatel, fleuron de la téléphonie mobile et de l'internet. Au-delà de la rhétorique, le groupe a annoncé un objectif ambitieux : former trois millions de jeunes Africains d'ici 2030. Un chiffre qui sonne comme une réponse aux critiques sur la mainmise étrangère sur le secteur numérique. Mais pour les observateurs avertis, la question n'est pas tant celle du pré-carré que celle de la souveraineté numérique et de la place réelle laissée aux talents locaux dans la gouvernance de ces technologies. Car si Orange forme, qui forme-t-elle ? À quels métiers ? Et surtout, ces jeunes auront-ils les clés pour bâtir une économie numérique véritablement africaine, ou resteront-ils des maillons d'une chaîne de valeur pilotée depuis Paris ? Le défi est de taille, et la promesse de formation, aussi louable soit-elle, ne saurait occulter les enjeux plus profonds de contrôle et d'indépendance. En attendant, le message de Nairobi est clair : Orange veut rester dans le jeu africain. Reste à savoir si le continent, et en particulier sa jeunesse, y trouvera son compte autrement que comme simple marché.