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Afrique

Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 2min de lecture

À Abidjan, la Tabaski sous le signe de la flambée des prix du mouton

En bref

À quelques jours de la fête du sacrifice, les marchés d’Abidjan peinent à satisfaire la demande. Les éleveurs et les ménages, pris en étau, redoutent une Tabaski sous contrainte.

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À l’approche de la Tabaski, l’effervescence habituelle des marchés de moutons d’Abidjan laisse place à une tension palpable. Les familles, le cœur partagé entre la ferveur religieuse et les réalités économiques, déambulent entre les enclos, le regard fixé sur les bêtes, mais aussi sur les prix. Et cette année, la note s’annonce salée. Les commerçants sont unanimes : l’offre est en nette baisse par rapport à l’année dernière. Les raisons ? La sécheresse, les difficultés d’approvisionnement, et une conjoncture régionale qui fragilise les filières d’élevage. Résultat : les moutons se font rares, et les vendeurs tiennent leurs positions, négociant chaque tête comme un trésor. Pour les fidèles, le sacrifice de l’Aïd al-Adha est un pilier de la foi, un geste de partage et de piété. Mais dans les allées du marché, les regards se croisent, mêlés d’inquiétude et de détermination. « On trouvera toujours un mouton », souffle un père de famille, « mais à quel prix ? » Cette flambée des prix n’est pas un simple fait divers. Elle révèle les fragilités d’une économie pastorale ouest-africaine soumise aux aléas climatiques et aux tensions des marchés. La Tabaski, fête de l’abandon et de la foi, devient aussi le miroir des défis du quotidien. Alors que les préparatifs s’accélèrent, une question demeure : jusqu’où les ménages sont-ils prêts à aller pour préserver la tradition ? La réponse se trouve dans le regard de ceux qui, malgré tout, repartent avec un mouton sous le bras, le sourire fatigué mais la foi intacte.