Perspectives
Malamine Diop · lun. 7 oct. 2024 · 2 min de lecture
Exil, corruption et peur : le testament fictif de Macky Sall, ancien dictateur du Sénégal

Je m’appelle Sa Rondeur Sall, autrefois petit dictateur et narcotrafiquant dans un doux pays nommé le Sénégal. Je traîne des casseroles si lourdes qu’elles ne pourraient jamais entrer dans une soute d’avion. Ma foi, si j’en ai une, est un embrouillamini dans ma tête. Je ne sais plus ce que je pense, ni ce que je dois raconter face au tourbillon des événements. Que vais-je devenir ? Ousmane Sonko et Emmanuel Macron sont mes deux malheurs, sans oublier mon bienfaiteur, le roi du doux royaume chérifien où je me suis réfugié, avec ma douce Marième, ma moitié, épouse fidèle des bons et des mauvais jours. Ousmane Sonko, sortez de mon corps grassouillet et dodu ! Oui, je suis Sa Rondeur Sall, ancien petit dictateur et narcotrafiquant du Sénégal. Mais je ne suis pas un trafiquant de drogue, même si, dans l'imaginaire collectif sénégalais, mon nom est associé à toutes sortes d’affaires. Il est vrai qu'un trafic d'armes me concerne. En fait, j’étais mêlé à tout, car je régnai sur tout. Ma personne était sanctifiée, jusqu’à ce que le peuple, sous la direction d’un vaillant homme, m’éjecte du pouvoir. Évoquer son nom dans ce testament m’horripile, car je ne veux pas que son visage figure dans une fresque de ma vie. Depuis mon départ de ce pays, des cafards sortent de tous les tiroirs et ternissent mon image. Je me sens abandonné. Les nuits sont longues, mon seul refuge. Heureusement, ma tendre épouse est là pour me réconforter. Mais je me sens trahi par tout le monde, même par mon griot





