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Perspectives

Les sorciers du Sénégal : comment les sociétés fabriquent leurs ennemis

Entre 1692 et 1693, la chasse aux sorcières de Salem révéla comment une société fragilisée fabrique un ennemi intérieur pour préserver l’ordre, un mécanisme qui se répète aujourd’hui au Sénégal avec les arrestations d’homosexuels, où la traque médiatisée expose non pas une menace extérieure, mais des figures de tous les milieux, y compris proches du pouvoir, dévoilant les fractures morales de la communauté elle-même.

Fatou Warkha Sambemar. 19 mai 20261min de lecture
Les sorciers du Sénégal : comment les sociétés fabriquent leurs ennemis

Aucune société ne se construit durablement en organisant la traque permanente de ses propres contradictions. Elle ne devient ni plus stable, ni plus prospère, ni plus juste en transformant les silences de la vie sociale en obsession nationale.

Entre 1692 et 1693, dans plusieurs villages proches de Salem, aux Etats-Unis d’Amérique, une jeune colonie américaine profondément religieuse bascula dans ce que l’histoire retiendra comme l’une des plus grandes chasses aux sorcières d’Amérique du Nord.

Dans une société traversée par les tensions politiques, les conflits armés, les peurs religieuses et les incertitudes d’une colonie fragile, une idée s’imposa : il y avait un mal qui vivait parmi eux. Etranger à leurs valeurs. Qu’il fallait nommer, exposer et traquer.

On accusa des femmes de sorcellerie. 

Au début, les accusées étaient des marginales, des femmes seules, des étrangères, des figures que personne n’aurait vraiment à défendre. La communauté approuvait. Les autorités religieuses bénissaient. La machine s’emballa.

Puis quelque chose d’inattendu se produisit. 

Discussion

Selon l'article, les chasses aux sorcières modernes au Sénégal reproduisent-elles le même schéma qu'à Salem : désigner un bouc émissaire pour masquer les vraies fractures sociales, ou s'agit-il d'un outil politique plus cynique pour contrôler les corps et les voix dissidentes ?