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Perspectives

Chérif Salif Sy · jeu. 2 juil. 2026 · 1min de lecture

Le défi africain du temps long

Le défi africain du temps long

Savoir conserver un avantage est une compétence collective, et cette compétence se construit dans les institutions bien avant de se jouer sur un terrain. La défaite du Sénégal face à la Belgique, mercredi soir à Seattle, en offre une illustration cruelle. Les Lions ont ouvert le score à la 25ᵉ minute, puis fait le break au retour des vestiaires. À la 86ᵉ, Lukaku réduit l'écart. À la 89ᵉ, Tielemans égalise. Au bout de la prolongation, un pénalty du même Tielemans scelle l'élimination, trois buts à deux. Plus d'une heure de maîtrise, effacée en un quart d'heure.

Il serait erroné d'y lire un trait culturel ou une quelconque incapacité africaine à bien finir. L'impression même souffre d'un biais de sélection. On retient les Lions battus à la dernière minute de la prolongation ; on oublie que ces mêmes Lions ont remporté la CAN 2022 aux tirs au but face à l'Égypte, dans l'exercice de sang-froid terminal par excellence. On oublie le Maroc, demi-finaliste mondial la même année pour avoir précisément verrouillé ses fins de match. La mauvaise chute se voit parce qu'elle confirme un récit disponible. La chute réussie passe pour une exception.