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Perspectives

Au-delà des défaites, ce que la Coupe du monde révèle du Sénégal

Au-delà des revers sportifs, les défaites du Sénégal en Coupe du monde interrogent la construction d'une société basée sur la compétence plutôt que le statut, et questionnent le choix entre une souveraineté d'émancipation ou de régression.

Saxewar Diagnemer. 24 juin 20262min de lecture
Au-delà des défaites, ce que la Coupe du monde révèle du Sénégal

Après deux matchs, deux défaites. Un revers sans appel face à la France (3-1), puis une seconde défaite contre la Norvège (3-2), malgré des séquences de jeu qui ont parfois laissé entrevoir le potentiel réel de cette équipe sénégalaise.

Les analyses sportives ne manqueront pas. Elles sont nécessaires. Elles pointeront les erreurs défensives, les choix tactiques contestables, les remplacements tardifs ou encore le manque d'efficacité dans les moments décisifs.

Mais elles risquent de passer à côté de l'essentiel.

Car le football n'est jamais seulement du football. Il constitue souvent un révélateur des dynamiques profondes qui traversent une société. Il met en scène, sous une forme condensée, nos valeurs, nos imaginaires, nos modes d'organisation, nos rapports à l'autorité, à la hiérarchie, au mérite et au changement.

Ayant eu le privilège d'assister en direct ici à New York aux deux rencontres contre la France et la Norvège, j'en suis ressorti avec la conviction que le véritable enjeu de cette Coupe du monde ne se situe peut-être pas là où beaucoup le cherchent. Le stade permet de percevoir des détails que la télévision ne montre pas toujours. 

Parmi eux, une image m'a particulièrement marqué : lors d'une pause de rafraîchissement, le jeune prodige Ibrahima Mbaye se tenait seul, à plus d'une vingtaine de mètres du groupe, tandis que le reste de l'équipe était plutôt regroupé sur la ligne de touche.