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Perspectives

Dr. Abdourahmane Ba · mar. 10 juin 2025 · 2min de lecture

Ambition vs. réalité : l’érosion programmétique du Projet Pastef

Ambition vs. réalité : l’érosion programmétique du Projet Pastef

La victoire politique du Pastef en 2024 n’a pas été une simple alternance. Elle a constitué une reconfiguration profonde des attentes citoyennes à l’égard de l’État. Porté par un projet de société ambitieux, le mouvement a canalisé une crise de légitimité accumulée sous les régimes précédents. La base électorale n’a pas voté pour une structure partisane ou un leader éclairé, mais pour une vision normative articulée autour de la souveraineté, de la justice sociale et de l’intégrité publique. Le projet proposé s’inscrivait dans une logique de transformation systémique de l’État, bien distincte des approches gestionnaires classiques. À la manière des réformes définies par la gouvernance adaptative, il instaurait une rupture avec les structures d’allocation clientélistes et consolidait la capacité stratégique de l’administration. L’État cessait d’être un simple prestataire de services pour devenir un vecteur de souveraineté démocratique et de justice sociale. Pourtant, depuis l’arrivée au pouvoir, la distance entre l’ambition affichée et les pratiques gouvernementales s’est creusée. Cette dérive reflète un retour progressif à des logiques anciennes, faute d’ancrage institutionnel du projet. Ce flou entretient la confusion chez les citoyens qui attendaient une refonte du cadre de gouvernance. La persistance des agences budgétivores illustre cette tension. Aucun plan sérieux n’a été engagé pour les supprimer, les fusionner ou les réorienter. Si le CESE et le HCCT ont été dissous, c