Perspectives
Sunulife · mar. 7 juil. 2026 · 2 min de lecture
Financer la recherche en Afrique : la confiance, monnaie plus forte que le franc CFA
Au Sénégal, nous savons que la terre ne ment pas. Mais pour que la recherche agricole porte ses fruits, il faut plus que des semences améliorées : il faut une institution digne de confiance. Pape Abdoulaye Seck, qui a dirigé l'AfricaRice et fut ministre de la Recherche agricole, pose une vérité que trop d'universités et de centres de recherche africains ignorent encore : les bailleurs ne financent pas des projets, ils financent des institutions. Et la confiance ne se décrète pas, elle se construit, pierre par pierre, sur cinq fondations. La première est un plan stratégique crédible. Une institution qui ne sait pas où elle va, comme le disait Lewis Carroll, prendra n'importe quel chemin. Mais au-delà de la métaphore, il s'agit d'aligner ses priorités sur les besoins réels des agriculteurs, des entrepreneurs et des décideurs. Un plan stratégique n'est pas un document poussiéreux : c'est la boussole qui donne du sens à chaque franc investi. Vient ensuite la gouvernance transparente. Ici, pas de place pour l'à-peu-près. Les partenaires financiers scrutent les procédures budgétaires, les audits, les états financiers certifiés. Une institution qui gère mal son argent envoie un signal clair : elle ne mérite pas la confiance. La crédibilité administrative est le socle sur lequel tout le reste repose. Le troisième pilier, c'est la masse critique scientifique. La recherche est une œuvre collective, qui exige des chercheurs qualifiés, des techniciens compétents et des gestionnaires capa
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