L'élaboration de la loi de finances 2025, fondée sur les évolutions jugées favorables de celle de 2024, malgré un déficit abyssal, suscite des grincements de dents au sein des régies financières. Ce procédé, aux yeux de certains agents de l'administration, rompt avec les bonnes pratiques. Ces dernières devraient notamment inclure une transparence sur la méthode d'estimation des recettes potentielles pour 2025 et celle de calcul des recettes effectivement perçues en 2024. En conséquence, selon eux, le budget 2025 s’apparente à une "comédie dramatique et pathétique".
Un immobilisme à craindre ?
La question se pose : faut-il opter pour l’immobilisme en 2025 ? C’est l’interrogation soulevée par des agents de l'administration et des régies financières. Dans un texte détaillé, ces fonctionnaires, tenus par le devoir de réserve, expriment leur désenchantement face à une rupture tant promise par le tandem au pouvoir.
Intitulé “La mobilisation des ressources budgétaires 2025 face au désenchantement dans les régies financières ou le budget 2025, au-delà des chiffres, la désillusion”, leur texte souligne le climat morose de fin d’année, reflet du moral en berne des ménages et des investisseurs. À ce titre, ils saluent toutefois la déclaration de politique générale du Premier ministre, laquelle, selon eux, éclaire les grandes lignes du projet en rompant avec une longue "période politique" pour se consacrer à la République.
L’absence de débat parlementaire dénoncée
Cependant, ils digèrent mal l'absence de débat parlementaire autour des perspectives de 2024 ayant conduit à un déficit record. Un tel débat aurait permis aux nouveaux élus, notamment ceux de la majorité, de s’interroger sur les causes de ces contreperformances.
Ils relèvent également des incohérences dans l'élaboration du budget : “Les responsables du budget 2024, qui sont également à l’œuvre pour celui de 2025, ignoraient-ils le caractère fantaisiste des prévisions ? Ou ont-ils simplement obéi à une commande politique, sacrifiant leur objectivité pour embellir les chiffres en vue d’une année électorale ?”
Des pratiques controversées et un déficit de transparence
Ces agents de l'administration pointent aussi du doigt le manque de transparence dans l’élaboration des prévisions budgétaires. Pour eux, l’absence de justifications convaincantes et la persistance des pratiques douteuses fragilisent encore davantage la crédibilité du budget 2025. Ils notent que les charges financières de la dette ont bondi, ajoutant au fardeau fiscal.
Une gestion administrative décriée
Au-delà des chiffres, les critiques s’étendent à la gestion des services mobilisant les ressources et exécutant les dépenses budgétaires. Népotisme, copinage, et ostracisme des talents réticents à se compromettre sont dénoncés. La politisation outrancière des postes administratifs et techniques est également pointée comme une entrave majeure à l’efficacité.
Un espoir encore fragile
Malgré ces constats alarmants, les agents de l'administration disent espérer un réel changement en 2025. Ils appellent à une rupture avec les mauvaises pratiques et à une refonte profonde de la gestion des services publics. Cependant, ils craignent que cet espoir ne soit englouti par des décisions tardives ou des commissions interminables.
En conclusion, ces agents alertent sur l’urgence de réformes véritables pour éviter une aggravation de la situation socio-économique du pays. Ils appellent les nouvelles autorités à ne pas rester passives face à l'ampleur des défis.