Perspectives
Sunulife · mer. 27 mai 2026 · 2 min de lecture
Et si l’Afrique gardait son argent chez elle ?

Imaginez un instant : vous confiez vos économies à un voisin, qui les prête à un autre, lequel vous les revend avec un intérêt exorbitant. C’est exactement ce que fait l’Afrique avec ses réserves de change. Nos banques centrales, nos fonds souverains, nos caisses de retraite placent des sommes colossales — près de 530 milliards de dollars pour les seules réserves — dans des actifs étrangers réputés « sûrs », comme les bons du Trésor américain, qui rapportent en moyenne 3,5 % par an. Pendant ce temps, les mêmes institutions occidentales réinvestissent cet argent en Afrique sous forme d’euro-obligations, à des taux qui oscillent entre 9 % et 15 %. Le résultat ? Un transfert net de richesses du Sud vers le Nord, un pillage silencieux qui prive le continent des ressources nécessaires à son développement. Ce mécanisme n’est pas le fruit du hasard. Il est inscrit dans les règles imposées par le FMI, la Banque mondiale et les agences de notation. Pour être considérés comme « investment grade », les actifs doivent être notés par Moody’s, S&P ou Fitch. Or, la plupart des instruments financiers africains ne le sont pas, par construction. Les régulateurs nationaux, prisonniers de ces normes, n’ont d’autre choix que d’exporter l’épargne locale. Résultat : des marchés financiers africains atones, incapables de financer l’industrialisation, les infrastructures ou la création d’emplois. Le cercle vicieux est parfait : la faiblesse des marchés justifie l’investissement à l’étranger, qui





