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Perspectives

Seneplus · lun. 17 mars 2025 · 4min de lecture

Macky Sall entre exil, ambitions internationales et crise au sein de l'APR

Macky Sall entre exil, ambitions internationales et crise au sein de l'APR
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Entre ses nouvelles fonctions au sein du prestigieux think tank Atlantic Council et les ambitions que certains lui prêtent pour le poste de secrétaire général des Nations Unies, l’ancien chef d’État sénégalais semble vouloir tourner la page de la politique nationale. Macky Sall, ancien président du Sénégal, entame une nouvelle phase de sa vie, partagée entre ses activités de consultant au Maroc et les turbulences politiques qui secouent son pays natal. Selon un récent article de Jeune Afrique, il cherche à prendre ses distances avec la scène politique sénégalaise, tout en conservant son influence sur son parti, l’Alliance pour la République (APR). Depuis son départ du pouvoir après l’élection présidentielle de mars 2024, Macky Sall s’est installé à Marrakech, où il a lancé en novembre 2024 son cabinet de conseil, Semo Holding. Parallèlement, il a rejoint le conseil consultatif de l’Atlantic Council, un think tank américain spécialisé dans les relations internationales. D’après Jeune Afrique, "certains de ses proches le verraient bien, à terme, décrocher le poste de secrétaire général des Nations Unies", bien que sa décision controversée de reporter l’élection présidentielle de février 2024 ait pu ternir son image à l’international. Pour ses activités, Macky Sall continue de s’appuyer sur son ancien premier conseiller diplomatique, Oumar Demba Ba, qui l’accompagne lors de ses déplacements et coordonne les actions de sa fondation dédiée aux questions de paix et de développement. Son séjour prolongé au Maroc alimente les spéculations au Sénégal. Selon Jeune Afrique, la publication en février d’un rapport de la Cour des comptes mettant en cause sa gestion des finances publiques a ravivé les tensions. Ce document affirme que "Macky Sall et son administration auraient minimisé l’ampleur de la dette et du déficit à travers une série de pratiques opaques". Les déclarations du porte-parole du gouvernement, Moustapha Ndjekk Sarré, ont particulièrement attisé la polémique. D’après Jeune Afrique, il a affirmé le 28 février qu’il était "inévitable" que Macky Sall finisse par faire "face à la justice", allant jusqu’à le qualifier de "chef de gang ayant commis des actes criminels", avant de revenir sur ses propos face à l’ampleur de la controverse. Face à ces accusations, l’ancien président s’est défendu lors d’un entretien avec Jeune Afrique à Johannesburg, qualifiant de "ridicules" les allégations portées contre lui. "Je n’ai peur de rien. Rien ne m’empêche d’aller au Sénégal, et je n’exclus pas d’y retourner", a-t-il déclaré. En son absence, l’Alliance pour la République traverse une période difficile. "Macky Sall veut s’éloigner de toutes ces affaires, mais il demeure à la tête d’un parti en pleine crise de leadership", confie l’un de ses proches à Jeune Afrique. Le magazine panafricain souligne que la formation politique peine à se remettre de sa défaite électorale. Plusieurs cadres ont quitté le pays après la présidentielle, et certains font face à des poursuites judiciaires. C’est notamment le cas de l’homme d’affaires Farba Ngom, "proche de Macky Sall, placé sous mandat de dépôt début mars", ou encore de l’ancien ministre Lat Diop, "qui se trouve lui aussi derrière les barreaux". Plus récemment, Mansour Faye, ancien ministre et beau-frère de l’ex-président, a été empêché de quitter le territoire, suscitant l’indignation de l’ancienne première dame. "Ce qui s’est passé est un abus de pouvoir. Mon grand frère n’a rien fait. Depuis neuf mois, ils le traquent, mais ils n’ont rien trouvé. Nous allons faire face", a réagi Marième Faye Sall sur les ondes de la radio RFM, selon Jeune Afrique. Comment l’APR fonctionne-t-elle en l’absence de son fondateur ? "Le parti est géré de manière collégiale. Les réunions sont présidées à tour de rôle par les ténors de la formation politique", explique le député Abdou Mbow à Jeune Afrique. Selon le magazine, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, a d’abord assuré cette tâche avant de céder sa place à Sidiki Kaba, dernier Premier ministre sous Macky Sall. Ce dernier présenterait "l’avantage d’être moins clivant que Mahmoud Saleh", un ancien directeur de cabinet politique que Macky Sall avait initialement envisagé pour restructurer le parti. Malgré la distance, l’ancien président continuerait à exercer son autorité sur l’APR. "Macky Sall reste le chef et pilote de loin. C’est lui qui fixe les grandes orientations des réunions", affirme un cadre du parti à Jeune Afrique. L’un des principaux objectifs du parti est désormais de "resserrer les rangs et recruter de nouveaux membres", notamment en s’ouvrant aux voix critiques envers le régime actuel. "Nous suivons de près l’évolution de la scène politique et les opposants émergents au Pastef", conclut Pape Malick Ndour, ancien ministre de Macky Sall, dans les colonnes de Jeune Afrique.