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Perspectives

Ibra Pouye · dim. 26 janv. 2025 · 2min de lecture

Le cri silencieux d’un enfant Talibé : entre abandon, exploitation et espoir de rédemption

Le cri silencieux d’un enfant Talibé : entre abandon, exploitation et espoir de rédemption

Ô mon Dieu, pourquoi suis-je destiné à être cet être que tout le monde balaie du regard dans les rues ? Et surtout dans les rues de Dakar, où nous pullulons tels des rats d’égout. Ô bon Dieu, pourquoi tant de pitié envers l’être que je suis ? Pourquoi un tel évitement du regard des gens ? L’on me fuit et me poursuit. Je suis une proie facile. L’on me viole du regard. Toujours à la recherche de la pitance. En guenilles. La main tendue et dans le froid. Je grelotte. Je pleure. En effet, la pitié se lit sur le visage de bon nombre de passants. Je suis très fatigué, bon Dieu. Je pense à mes parents qui, emportés par une irresponsabilité sourde et faute de moyens voire d’une crise économique aigüe, m’ont abandonné dans les bras de quelqu’un qui se fait passer pour un maître coranique. Alors qu’il est un faux dévot. Ô Dieu, pourquoi cette vie de chien ? Même un chien a une vie plus confortable que la mienne. Personne, je pèse et soupèse mes mots, ne m’aime ! Aucun regard. Aucun amour. Aucune haine même. Parce que je suis inexistant. L’on fait semblant de me voir mais je suis invisible. Je ne compte pour personne. Ce qui importe pour mon maître coranique, c’est ce que je rapporte tous les soirs, à la fin d’une journée de marathon et de dur labeur. Seule la pitance l’intéresse. Ô sacrilège ! Ô désespoir ! Mon Dieu, pardonne à mes parents, à mon maître censé m’apprendre le Coran et à l’Etat parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ! L’irresponsabilité de mes parents Je devais être un