Perspectives
Birane Diop · sam. 25 janv. 2025 · 2 min de lecture
Léopold Sédar Senghor : l’architecte de l’âme sénégalaise entre culture, éducation et universalisme

En ces temps marqués par l’ère de la post-vérité sans limites, il m’arrive de discuter avec des compatriotes de l’héritage de nos prédécesseurs, notamment Cheikh Anta Diop et Léopold Sédar Senghor. Deux figures majeures de notre histoire intellectuelle, culturelle, sociale et politique, dont tout Sénégalais devrait être fier, compte tenu de leur parcours, bien que leurs visions du monde fussent antagonistes, voire opposées. J’ai lu leurs œuvres et compris leurs désaccords ainsi que leurs querelles. Cheikh Anta prônait la renaissance africaine, tandis que Senghor, dans la même lignée que ses amis Damas et Césaire, militait pour la négritude. Cependant, j’ai constaté que l’héritage de Senghor est parfois analysé avec une mauvaise foi excessive, peut-être liée à l’ignorance. Certains affirment, sans nuance ni recul – des qualités pourtant essentielles à toute analyse sérieuse et objective –, que Senghor était un suppôt de la France, un aliéné, un renégat, que sa vision du monde était manipulée et qu’il serait la principale cause de notre « retard économique ». Pourtant, l’économiste et penseur décolonial sénégalais Felwine Sarr nous rappelle dans son essai Afrotopia (Philippe Rey, 2016) : « L’Afrique n’a personne à rattraper. » On attribue facilement à Senghor une part disproportionnée de nos échecs. Quelle époque singulière ! Léopold Sédar Senghor était un grand homme d’État. Il a placé le Sénégal, petit pays niché en Afrique de l’Ouest, sur la carte du monde grâce à deux pilie





