Ignace Ndéye · sam. 4 janv. 2025 · 4 min de lecture
Casamance : vers une paix durable et un développement économique avec le plan Diomaye

Depuis les années 1980, les présidents successifs ont tenté différentes approches en Casamance. Entre développement économique et processus de paix, les stratégies se sont multipliées. Cependant, les défis restent immenses pour cette région qui aspire à la quiétude. La Casamance, région frappée par un conflit armé depuis quatre décennies, a toujours attiré l’attention des différents régimes qui en ont fait une priorité, quelles que soient les méthodes utilisées pour résoudre les conflits. Le développement de cette partie sud du pays a toujours été une priorité pour les autorités qui se sont succédé à la tête de l’exécutif. Le Plan Diomaye pour la Casamance, bien qu'étant une nouvelle initiative prometteuse pour le développement de cette région, s’inscrit dans une longue tradition de plans et programmes de développement initiés par les régimes ayant gouverné le Sénégal. Face à la spirale de violences qui a marqué la Casamance au début des années 1980, le président Abdou Diouf avait mis en place des stratégies dites constructives pour "éteindre le feu" et pacifier la région. Cependant, ces initiatives de développement ont été rendues complexes et difficiles par l’intensification de la violence armée. L’un de ses émissaires, le Premier ministre Mamadou Lamine Loum, envoyé à Ziguinchor, avait abordé la question lors d’un Conseil Régional de Développement (CRD) spécial tenu à l’ancienne mairie de Ziguinchor. Malgré les efforts du président Diouf et de son régime, la région continuait d’être marquée par les crépitements des armes. Les efforts pour relancer les activités économiques de la Casamance restent un défi majeur pour les différents régimes. Le président Abdoulaye Wade avait lancé le Programme de Relance des Activités Sociales et Économiques de la Casamance (PRAESC). Pour lui, l’idée était d’aider les combattants prêts à déposer les armes. « La Casamance avait un problème de développement », avait-il déclaré. Ce changement de paradigme avait suscité des critiques, certains l’accusant de récompenser la rébellion. Le régime de Wade s’était beaucoup investi dans le développement et le financement du retour des déplacés. Le président Macky Sall, pour sa part, avait tenté de renforcer ce processus en mobilisant des financements et en soutenant le retour des déplacés. Malgré la position intransigeante du chef rebelle Salif Sadio, son régime avait réussi à convaincre certains membres d’une faction du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) à déposer les armes. Ces efforts avaient conduit à des opérations de destruction d’armes de certains combattants rebelles. Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, quant à lui, a lancé le Plan Diomaye pour la Casamance, une stratégie qui suscite beaucoup d’espoir parmi les populations du sud. Ce plan vise à relever une économie effondrée dans cette région. Aujourd’hui, il ne s’agit plus uniquement de maintenir l’accalmie ou de signer des accords, mais de lancer une nouvelle dynamique. L’objectif est d’instaurer définitivement la paix en Casamance et de répondre aux besoins des populations déplacées. Le plan prévoit le développement des infrastructures routières pour désenclaver les zones, la réhabilitation des écoles, et l’élargissement des offres éducatives. Il vise également à créer des conditions de vie dignes pour les déplacés, notamment en matière d’habitat et d’infrastructures de base, et à dépolluer certaines zones. En somme, le Plan Diomaye constitue une réponse globale aux multiples défis de cette région post-conflit. Après les initiatives des présidents Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, et Macky Sall, le président Bassirou Diomaye Faye espère amorcer un véritable développement de cette partie sud du Sénégal, où l’on perçoit déjà un parfum de paix grâce à l’accalmie, mais où les attentes restent grandes pour transformer cette accalmie en un renouveau durable. Pour rappel, mardi soir, lors de son discours à la Nation à l’occasion du nouvel an, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé que la paix définitive en Casamance demeure une de ses priorités : « Il ne saurait y avoir de véritable progrès sans une paix durable… C’est un impératif pour permettre à tous les projets de développement, portés par la Vision Sénégal 2050 dans le Pôle Économique Sud, de voir le jour. Dans cette perspective, j’ai initié le Plan Diomaye pour la Casamance (PDC), afin d’accompagner le retour des populations déplacées et de soutenir le processus de paix en Casamance. »





