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Perspectives

Fatou Warkha Sambe · mar. 11 févr. 2025 · 2min de lecture

Autorité parentale au Sénégal : une réforme incomplète face à un Code de la famille inégalitaire

Autorité parentale au Sénégal : une réforme incomplète face à un Code de la famille inégalitaire

La question de l’autorité parentale, soulevée par la députée Marème Mbacké dans une question écrite adressée au ministre de la Justice, remet en lumière un débat central pour les organisations féminines et féministes : les inégalités structurelles du Code de la famille. Depuis des décennies, ces organisations dénoncent un cadre juridique qui institutionnalise la domination masculine et limite drastiquement les droits des femmes, notamment en matière de parentalité. Dans le Code de la famille sénégalais, c’est l’article 277 qui traite précisément de la problématique soulevée par Mme Mbacké. Cet article reconnaît l’autorité parentale aux deux parents, mais en confie l’exercice exclusif au père tant que le mariage subsiste. En considérant cette question sous un angle restreint, uniquement comme une préoccupation des femmes de la diaspora, la députée semble ignorer que ce problème touche toutes les Sénégalaises. Curieusement, l’honorable députée précise que sa requête « ne s’inscrit pas dans une perspective féministe ». Pourquoi prendre ses distances par rapport à un combat qui, par essence, concerne les droits fondamentaux des femmes ? Pourquoi cette prudence sémantique qui évite soigneusement de nommer l’inégalité flagrante inscrite dans la loi ? Une réforme qui se contente d’amender un article sans toucher aux fondements mêmes du Code de la famille risque de n’avoir qu’un effet cosmétique. Ce choix politique soulève des interrogations : s’agit-il d’une stratégie pour éviter d’