Perspectives
Sunulife · lun. 4 mai 2026 · 2 min de lecture
Travail à domicile au Nigeria : quand l’entrepreneuriat féminin n’est qu’un choix contraint

Au Nigeria, près de neuf femmes actives sur dix sont leur propre patronne. Un chiffre qui, à première vue, pourrait évoquer un dynamisme entrepreneurial hors norme, une fierté nationale. Mais derrière cette statistique se cache une réalité bien plus complexe : la plupart de ces femmes travaillent depuis leur domicile, sans véritable choix. Une récente étude économique, menée sur une décennie de données nationales, déconstruit le mythe de la flexibilité choisie et met au jour les structures qui confinent les Nigérianes dans un entreprenariat de subsistance. Les chiffres officiels montrent une concentration de l’auto-emploi dans le nord du pays, avec une écrasante majorité féminine. Ce que les données brutes ne disent pas, c’est pourquoi ces femmes opèrent depuis leur salon, leur cour ou leur cuisine, plutôt que dans une boutique, un atelier ou un kiosque. L’étude, qui suit les mêmes ménages entre 2010 et 2019, identifie la charge des enfants comme le facteur le plus déterminant. La présence de jeunes enfants n’affecte guère le lieu de travail des hommes ; pour les femmes, elle augmente fortement la probabilité de travailler à domicile. Au Nigeria, le travail domestique non rémunéré – soins aux enfants, cuisine, ménage – repose presque exclusivement sur elles. Travailler depuis la maison permet de concilier revenu et corvées, mais rarement par choix. La propriété du logement, censée être un atout, se révèle ambivalente. Posséder sa maison peut offrir un collatéral pour un crédi




