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Perspectives

Sunulife · sam. 25 juil. 2026 · 2min de lecture

Le football africain face au miroir colonial : quand les stéréotypes refusent de mourir

Le football africain face au miroir colonial : quand les stéréotypes refusent de mourir

À l’été 2026, les échos des stades de la Coupe du monde portaient encore les exploits des équipes africaines, toutes stoppées en quarts de finale, mais ayant imposé un jeu d’une maturité tactique inédite. Pourtant, dans les studios des chaînes européennes, les vieux démons refont surface. Bastian Schweinsteiger, ancien milieu de terrain allemand devenu consultant, déclarait à la veille d’Allemagne–Côte d’Ivoire : « Un peu de football africain, un peu atypique, un peu sauvage… peut-être aussi moins axé sur la tactique. » Propos aussitôt qualifiés de racistes par le sélectionneur ivoirien Emerse Faé, mais mollement défendus par leur auteur comme une « analyse footballistique ». Ce débat n’est pas anodin. Il révèle la persistance d’un regard colonial qui, depuis des décennies, réduit le football africain à une essence supposée : celle de l’instinct brut, de l’imprévisibilité, de l’absence de discipline. Schweinsteiger n’est sans doute pas raciste au sens vulgaire du terme, mais ses mots sont le symptôme d’une ignorance structurelle, d’un refus de voir l’Afrique comme un continent de diversités tactiques et de modernité sportive. Cette vision n’est pas nouvelle. Dès les années 1920, les administrateurs coloniaux utilisaient le football comme outil de domestication : apprendre les règles, l’esprit d’équipe, la soumission à l’ordre européen. Les Africains, perçus comme naïfs, brutaux ou menaçants, devaient être « civilisés » par le sport. Mais sur le terrain, une résistance silenci

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