Perspectives
Sunulife · lun. 5 oct. 2026 · 2 min de lecture
Inondations à la zone de captage : quand l'eau monte, l'État descend
Il y a des matins où Dakar se réveille les pieds dans l'eau, et où le ciel, pourtant généreux en saison des pluies, semble avoir oublié la mesure. La zone de captage, ce poumon hydraulique de la capitale, n'a pas été épargnée. Les fortes pluies d'hier ont transformé les lieux en étendue lacustre, et c'est dans ce décor que le ministre de l'Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé, et celui de l'Hydraulique et de l'Assainissement, Cheikh Tidiane Dieye, sont attendus ce matin. Leur visite n'est pas de circonstance : elle dit l'inquiétude d'un État qui sait que l'eau, quand elle s'installe, ne se retire jamais sans laisser de traces. Avant eux, Madické Cissé, directeur de la Prévention et de la Gestion des Inondations, avait foulé le même sol détrempé. Ses mots, rapportés par Dakaractu, ont la densité d'un constat sans fard : une situation « qui fait peur ». Ce n'est pas une formule. C'est le langage d'un homme qui a vu l'ampleur du débordement et qui sait que derrière chaque centimètre d'eau stagnante, il y a des habitations, des familles, des vies suspendues à une pompe et à une promesse de l'État. La zone de captage n'est pas un lieu ordinaire. Elle alimente Dakar en eau potable, et sa submersion pose une question qui dépasse l'immédiat : comment protéger les infrastructures vitales d'une ville qui grandit plus vite que ses réseaux ? Les ministres Cissé et Dieye ne viennent pas seulement constater. Ils viennent mesurer l'écart entre les plans d'urgence et la réalité du terrain, en




