Aller au contenu principal
Publicité
Parcours

Sunulife · lun. 24 août 2026 · 2min de lecture

Le fleuve des ancêtres : sur les traces des pirogues du Congo

Le fleuve des ancêtres : sur les traces des pirogues du Congo

Le fleuve Congo ne se traverse pas. Il se vit. Il se respire, il se goûte, il se devine dans le clapotis des eaux contre les flancs de bois des pirogues. Ici, le temps n'est pas celui des montres, mais celui des marées et des saisons, celui des chargements qui s'accumulent et des départs qui se décident au lever du jour. Je suis monté à bord d'une de ces embarcations fragiles et majestueuses à la fois, chargées de sacs de manioc, de bidons d'huile, de caisses de bières et de passagers serrés les uns contre les autres, dans une promiscuité qui devient vite une fraternité. Le moteur tousse, puis ronronne, et la pirogue s'éloigne de la berge de Kinshasa, laissant derrière elle le tumulte de la ville. Peu à peu, les immeubles s'estompent, remplacés par une végétation luxuriante qui plonge ses racines dans une eau couleur de terre. Le fleuve est large ici, si large qu'on pourrait se croire en mer. Mais l'horizon n'est pas celui de l'océan ; il est piqué de villages aux toits de tôle ondulée, de pêcheurs lançant leurs filets dans une chorégraphie ancestrale, d'enfants qui nous font signe depuis la rive. Je me souviens d'un vieil homme, assis à l'avant, le visage buriné par le soleil et le vent. Il me raconte que son grand-père faisait déjà ce trajet, transportant des marchandises et des nouvelles d'un village à l'autre. « Le fleuve est notre route, notre marché, notre lien avec les ancêtres », dit-il. Ses mots résonnent en moi. Car ce fleuve n'est pas qu'une voie de transport ; il

Publicité
Publicité