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Parcours

Sunulife · lun. 15 juin 2026 · 2min de lecture

Le chant des dunes : sur la piste oubliée du Ferlo

Le chant des dunes : sur la piste oubliée du Ferlo

Il est des lieux qui refusent de se laisser dompter. Le Ferlo est de ceux-là. Ici, le temps n’est plus une ligne droite mais une spirale qui ramène toujours au même point : l’horizon. Un horizon qui semble à portée de main, mais que l’on n’atteint jamais. C’est un pays de contrastes : le jour, le soleil y est une braise blanche qui calcine la terre ocre ; la nuit, le froid tombe comme une chape de plomb, et le ciel, débarrassé de toute pollution lumineuse, devient un océan d’étoiles si dense qu’on croirait pouvoir y plonger. J’ai quitté Dakar un matin de décembre, laissant derrière moi les embouteillages, les klaxons, la frénésie des marchés de la Médina. Direction le nord-est, vers cette région semi-désertique qui couvre un tiers du Sénégal mais que si peu connaissent. La route goudronnée s’arrête à Linguère. Après, c’est la piste. Une piste sablonneuse qui serpente entre les acacias épineux et les baobabs squelettiques, ces géants qui semblent avoir planté leurs racines dans le ciel. Le 4x4 tangue, la poussière s’infiltre partout. Mais peu à peu, la ville s’efface de l’esprit. Il ne reste que le ronronnement du moteur et le souffle du vent. Je marche. Le sable est chaud sous mes pieds, même en décembre. Chaque pas soulève un nuage doré qui retombe en pluie fine. Les Peuls du Ferlo appellent cette région le « pays des hommes libres ». Ici, on ne possède pas la terre, on la traverse. Les campements sont provisoires, les troupeaux de zébus suivent les points d’eau qui s’amenui