Sénégal
Sunulife · sam. 13 juin 2026 · 2 min de lecture
Révision constitutionnelle : le président, maître du jeu au Sénégal

En bref
La Constitution sénégalaise est souvent présentée comme révisable par le peuple, l'Assemblée et le président. Mais une lecture attentive des textes révèle une réalité où le chef de l'État reste l'acteur incontournable, sans lequel rien ne peut aboutir.
Au Sénégal, la révision de la Constitution est un chemin semé d'embûches, et le président de la République en est le gardien incontournable. L'analyse du Dr Abdoul Aziz Mbodji, publiée sur Rewmi.com, rappelle une vérité institutionnelle que beaucoup préfèrent ignorer : le partage des compétences en matière de révision constitutionnelle est bien plus asymétrique qu'il n'y paraît. Officiellement, la révision est une compétence partagée entre le président, l'Assemblée nationale et, par référendum, le peuple souverain. Mais dans les faits, aucune révision ne peut aboutir sans l'intervention décisive du chef de l'État. Ce déséquilibre, ancré dans la lettre même de la Constitution, interroge la vitalité de notre démocratie et le poids réel des contre-pouvoirs. Pour le citoyen sénégalais, cette réalité n'est pas une simple curiosité juridique. Elle touche au cœur de notre pacte républicain : qui détient vraiment le pouvoir de réécrire les règles du jeu ? La réponse, implacable, est que le président reste le maître du calendrier et du contenu des révisions. Une leçon à méditer alors que le débat sur les réformes institutionnelles refait surface. Loin d'être un simple exercice technique, la révision constitutionnelle est un acte politique majeur. Et au Sénégal, comme le rappelle Mbodji, elle se fait avec le président ou ne se fait pas. Une réalité que les Sénégalais, fiers de leur culture démocratique, doivent avoir à l'esprit.


