Sénégal
Sunulife · mar. 9 juin 2026 · 2 min de lecture
Diomaye Faye face à une Assemblée hostile : la cohabitation qui change tout

En bref
Le président Bassirou Diomaye Faye se retrouve sans majorité parlementaire, son propre parti Pastef lui tournant le dos après le départ d'Ousmane Sonko. Une situation inédite qui redessine les équilibres du pouvoir à Dakar.
C'est une première dans l'histoire politique récente du Sénégal : un président issu de la même famille politique que la majorité parlementaire, mais contraint de composer avec une Assemblée nationale devenue hostile. Bassirou Diomaye Faye, élu sur la vague Pastef, voit aujourd'hui son propre camp lui faire face. Le limogeage d'Ousmane Sonko, figure tutélaire du parti, a fracturé l'alliance. Pastef, désormais distant, refuse de lui offrir une majorité de soutien. Résultat : le chef de l'État se retrouve en situation de cohabitation — mais avec les siens. Une ironie politique que les Sénégalais observent avec attention. Sans majorité pour légiférer, Diomaye Faye risque de voir ses projets de loi bloqués ou vidés de leur substance. Chaque texte devra être négocié, chaque réforme marchandée. Dans un pays où l'exécutif a longtemps dominé le législatif, ce renversement de rapport de force est inédit. Pour le Sénégal, cette crise interne à Pastef n'est pas qu'une querelle de palais. Elle pose la question de la stabilité institutionnelle et de la capacité du président à tenir ses promesses de campagne. Les Sénégalais, qui ont placé leur espoir dans ce changement, attendent de voir comment leur président naviguera dans ces eaux troubles. Au-delà de l'Assemblée, c'est tout l'équilibre du pouvoir qui se joue. Diomaye Faye devra prouver qu'il peut gouverner sans filet, ou trouver une issue politique qui préserve son mandat. Le Sénégal regarde, entre inquiétude et fascination.



