Sénégal
Sunulife · mer. 3 juin 2026 · 2 min de lecture
37 milliards suspendus : l'ASER tire la sonnette d'alarme sur l'électrification rurale

En bref
Une lettre du directeur général Jean-Michel Sène au ministre des Finances révèle que le gel des décaissements par Banco Santander menace l'électrification de 1 740 localités. Le Sénégal rural, une fois de plus, pris en tenaille entre les promesses et la réalité des financements.
La mécanique des grands projets sénégalais a ceci de cruel : elle avance par à-coups, portée par l'ambition, freinée par les lourdeurs des circuits financiers. Cette semaine, c'est l'Agence sénégalaise d'électrification rurale (ASER) qui se retrouve au cœur d'une polémique ravivée. Dans une correspondance adressée au ministre des Finances et du Budget, le directeur général Jean-Michel Sène alerte sur une situation qui pourrait stopper net l'électrification de 1 740 localités. En cause : la suspension des décaissements par Banco Santander. Ce n'est pas un simple incident technique. Derrière les chiffres — 37 milliards de francs CFA en jeu — se joue l'accès à l'électricité pour des milliers de foyers, de villages, d'écoles et de centres de santé. L'ASER, bras armé de l'État pour l'électrification rurale, voit ses travaux suspendus, ses chantiers menacés. La lettre de M. Sène ne cache pas l'urgence : sans déblocage rapide, la poursuite du projet est compromise. Cette affaire rappelle, s'il le fallait, que le développement rural au Sénégal reste tributaire de circuits financiers souvent imprévisibles. Les populations attendent, les entreprises locales trépident, et les promesses d'électrification universelle butent sur des réalités bancaires. L'ASER, elle, continue de jouer son rôle de vigie, alertant les autorités avant que les lumières ne s'éteignent définitivement sur ces 1 740 localités. Reste à savoir si cet appel sera entendu. Le ministre des Finances et du Budget a désormais la balle dans son camp. Pour les Sénégalais des zones rurales, chaque jour sans électricité est un jour de moins dans la course au développement. L'ASER a parlé. À l'État de répondre.


