Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 2 min de lecture
Sonko limogé : la fin d'un tandem, le début d'une nouvelle ère politique
Le décret n°2026-1128 a mis fin aux fonctions d'Ousmane Sonko comme Premier ministre. Derrière la rupture, une reconfiguration du pouvoir qui redessine l'avenir politique du Sénégal.
Le vendredi 22 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a signé le décret n°2026-1128, mettant fin aux fonctions d'Ousmane Sonko à la tête du gouvernement. Un acte qui clôt le tandem qui avait porté l'alternance de 2024 et ouvre une crise de gouvernance inédite. Le séisme était annoncé, mais son ampleur et ses implications pour l'architecture du pouvoir sénégalais restent à mesurer. Le déclencheur immédiat fut la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, quelques heures avant le limogeage. Devant les députés, Sonko avait affirmé : « Je ne suis pas un Premier ministre qui obéit aveuglément et qui acquiesce à tout ». Une déclaration lue comme une rupture ouverte de la solidarité gouvernementale, franchissant la ligne rouge fixée par un chef de l'État qui avait prévenu que sa confiance était la condition sine qua non du maintien de Sonko à la Primature. Mais les tensions couvaient depuis l'automne 2025. Diomaye Faye avait progressivement écarté plusieurs proches du PASTEF pour les remplacer par des profils issus de sa propre coalition, la « Coalition Diomaye Président », relancée en mars 2026. En décembre 2025, Sonko avait annoncé sa candidature à la présidentielle de 2029, plaçant les deux hommes en concurrence directe pour le leadership de l'espace politique qu'ils avaient construit ensemble. La réaction de Sonko, publiée sur sa page Facebook : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », a surpris par son soulagement affiché. Ce départ, vécu non comme une défaite mais comme une libération stratégique, pose la question de son retour à l'Assemblée nationale. L'article 54 révisé de la Constitution (loi n°2023/13 du 2 août 2023) précise que « le député nommé membre du gouvernement ne peut siéger à l'Assemblée nationale pendant la durée de ses fonctions ministérielles ». Un labyrinthe constitutionnel qui alimente les débats juridiques et politiques. Pour le Sénégal, ce limogeage n'est pas un simple remaniement. C'est la fin d'une alliance qui a incarné l'espoir de l'alternance. Reste à savoir si cette reconfiguration calculée du pouvoir ouvrira la voie à une nouvelle stabilité ou à une instabilité prolongée. L'avenir politique du pays se joue désormais entre les mains d'acteurs qui devront redéfinir les règles du jeu.


