Seneplus · dim. 24 mai 2026 · 2 min de lecture
Sonko cultive l'injustice comme carburant politique

Selon Jeune Afrique, l'ancien Premier ministre voulait partir depuis longtemps et des proches du président pressaient Diomaye de le congédier. Cette sortie calculée pourrait ouvrir une bataille institutionnelle sans précédent.
L'ancien Premier ministre quitte la primature serein, entouré de partisans en liesse. Mais selon Jeune Afrique, il voulait partir depuis longtemps et des proches du président pressaient Diomaye de le congédier. Une sortie calculée qui ouvre une bataille institutionnelle sans précédent.
Le personnage du martyr a la vie dure. En quittant la primature vendredi 22 mai sous les acclamations de ses partisans, Ousmane Sonko rejoue le rôle qui lui a toujours réussi depuis sa radiation de la fonction publique par Macky Sall en 2016. Un proche le dit clairement à Mawunyo Hermann Boko et Marième Soumaré dans Jeune Afrique : il "l'a pris avec calme", plaçant une nouvelle fois le chef du Pastef en position de victime d'une injustice.
Mais derrière cette mise en scène, la réalité est plus ambiguë. Un cadre du parti confie aux journalistes qu'il "voulait partir depuis longtemps". De l'autre côté, le président était lui-même poussé par des alliés à se débarrasser d'un Premier ministre jugé encombrant. Le limogeage du 22 mai apparaît moins comme une exécution surprise que comme un dénouement longuement préparé des deux côtés.
La veille de son départ, Sonko s'était ainsi exprimé sans retenue devant les députés, dénonçant publiquement les positions présidentielles sur les fonds politiques. Un proche analyse dans Jeune Afrique que cette liberté de ton est celle "de quelqu'un qui n'a plus rien à perdre". Informé quelques heures avant l'annonce officielle, selon son entourage, Sonko avait vraisemblablement anticipé l'issue.
La suite s'annonce explosive. le leader de Pastef pourrait retrouver son siège de député dès cette semaine, et ses partisans évoquent une possible candidature à la présidence de l'Assemblée nationale. "Ça va castagner dur", prédit un observateur politique cité par JA. Diomaye Faye devra gouverner face à une chambre largement acquise à son ancien Premier ministre, avec le congrès du Pastef fixé au 6 juin comme premier test de force.



