Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 2 min de lecture
Ousmane Sonko brise le tabou : le Premier ministre désavoue publiquement le Président sur les fonds politiques
Ce vendredi, l'Assemblée nationale a été le théâtre d'un geste politique inédit : le chef du gouvernement a ouvertement contesté la position du chef de l'État, affirmant que « le Président a fait une erreur ». Une rupture de la solidarité au sommet, au nom de la transparence et de la souveraineté.
Ce vendredi, sous les ors de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko a fait voler en éclats la règle non écrite de la solidarité gouvernementale. Devant une représentation nationale sous tension, le Premier ministre a publiquement désavoué le Président Bassirou Diomaye Faye sur la gestion des fonds politiques, lançant un pavé dans la mare : « Le Président a fait une erreur. » Pour le chef du gouvernement, la question des fonds secrets n'est pas une simple querelle de gestion : c'est le marqueur idéologique de son parti depuis 2014. « Nous avions promis qu'il n'y a aucun fonds qu'on doit confier à quelqu'un sans possibilité de contrôle », a-t-il rappelé, dénonçant la perception populaire que ces enveloppes servent à « acheter des militants ». Sonko n'a pas appelé à leur suppression, mais à un encadrement strict, à l'image du comité de contrôle existant en France. Mais l'homme fort du gouvernement ne s'est pas arrêté là. Il a profité de cette tribune pour réaffirmer avec vigueur la ligne souverainiste de l'exécutif face aux pressions occidentales, notamment françaises, sur les questions sociétales. « Il y a une sorte de tyrannie. Aucun pays asiatique, arabe ou africain ne nous critiquera, mais il y a un petit noyau qui s'appelle l'Occident », a-t-il lancé, excluant tout moratoire sur les lois récemment adoptées. « Cette loi sera appliquée. » Sur le front intérieur, Sonko a annoncé une reprise en main drastique de la gestion publique, révélant qu'un audit avait montré des directeurs généraux passant jusqu'à 33 jours à l'étranger sur 90. Désormais, leurs déplacements seront soumis à sa validation préalable. « L'heure n'est plus à la diplomatie de salon ni aux voyages non essentiels », a-t-il averti, dans un appel à la sobriété. Enfin, face aux inquiétudes sur le pouvoir d'achat, le Premier ministre a plaidé pour un ciblage rigoureux des subventions, tandis que le ministre des Finances, Cheikh Diba, a assuré que les attaques informatiques contre les régies financières avaient été contenues. Une séance qui restera comme le moment où Sonko a choisi de gouverner par la transparence, quitte à bousculer les siens.

