Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 2 min de lecture
L'œil de Pékin sur Dakar : quand la surveillance chinoise s'invite dans nos rues
Caméras intelligentes, reconnaissance faciale, centres de commandement dopés à l'IA : les technologies chinoises de surveillance se déploient rapidement dans les métropoles africaines. Non sans susciter des inquiétudes sur les risques de surveillance politique et de contrôle des populations.
De Dakar à Abidjan, un nouveau regard se pose sur nos villes. Ce n'est plus celui du colonisateur d'hier, mais celui d'un partenaire technologique venu de Pékin, qui installe caméras intelligentes, reconnaissance faciale et centres de commandement dopés à l'intelligence artificielle. La Chine exporte ses technologies de surveillance à grande échelle sur le continent, et le Sénégal n'y échappe pas. Pour nos gouvernements, ces outils promettent sécurité et efficacité. Mais pour beaucoup de citoyens, ils évoquent un autre imaginaire : celui d'un État qui voit tout, contrôle tout. Les risques de surveillance politique et de contrôle des populations sont réels, et ils interrogent notre rapport à la liberté dans des démocraties encore jeunes. La question n'est pas tant de savoir si ces technologies sont efficaces — elles le sont, et les forces de l'ordre s'en félicitent. C'est plutôt de savoir qui contrôle les données, comment elles sont utilisées, et si des garde-fous existent pour empêcher qu'elles ne servent à réprimer la dissidence. Car l'histoire nous a appris que les outils de surveillance, entre de mauvaises mains, deviennent des instruments d'oppression. Alors que le Sénégal s'équipe et modernise ses infrastructures, il nous revient, en tant que société civile, médias et citoyens, d'exiger la transparence et le débat. La technologie n'est jamais neutre : elle porte les valeurs de ceux qui la conçoivent et de ceux qui la déploient. À nous de veiller à ce qu'elle serve le peuple, et non l'inverse.



