Sunulife · ven. 29 mai 2026 · 2 min de lecture
Poursuites judiciaires : un militant de Pastef activement recherché pour injures présumées envers le président Diomaye

Après l'incarcération d'Assane Guèye, un nouveau nom s'ajoute à la liste des sympathisants du pouvoir traqués par la justice. Mouhamed Ndiaye « Sonko », tailleur de son état, est dans le viseur du parquet. Une affaire qui interroge sur la liberté d'expression sous le nouveau régime.
Au Sénégal, la liberté d'expression a ses limites, et le nouveau pouvoir semble déterminé à les tracer. Après le mandat de dépôt décerné à Assane Guèye, alias « Azoura Fall », un autre militant de Pastef, Mouhamed Ndiaye, plus connu sous le nom de « Sonko », est activement recherché par la police et la gendarmerie. L'objet de cette traque : des propos présumés injurieux envers le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ce n'est pas un simple fait divers judiciaire. C'est un signal. À peine installé, le régime de Diomaye Faye – porté par une promesse de rupture et de justice – semble déjà rattrapé par les vieux réflexes. L'autosaisine du procureur de la République dans cette affaire rappelle des pratiques que le nouveau pouvoir avait pourtant dénoncées avec véhémence lorsqu'il était dans l'opposition. Mouhamed Ndiaye « Sonko » n'est pas un leader politique. C'est un ancien détenu, aujourd'hui tailleur, installé à Keur. Son atelier de couture est peut-être devenu le lieu d'un délit d'opinion. Car ce qui est en jeu ici, c'est la capacité d'un citoyen ordinaire à critiquer ceux qui gouvernent, sans craindre pour sa liberté. Pour la diaspora et les Sénégalais épris de démocratie, cette affaire est un test. Le Sénégal a toujours été fier de sa tradition de débat ouvert. Si le nouveau pouvoir veut vraiment incarner le changement, il devra démontrer qu'il peut encaisser les critiques – même les plus acerbes – sans recourir aux vieilles méthodes. L'avenir de la démocratie sénégalaise se joue aussi dans ces petits ateliers de couture.




